À cheval entre Aguégués et Dangbo, au bord du fleuve Ouémé, se cache un joyau que peu de Béninois connaissent.Bamézoun.
En langue locale, « la forêt des marais ». 15 hectares seulement. Mais 15 hectares qui respirent l’histoire, le sacré et la vie.
Un conservatoire vivant au bord de l’Ouémé
La forêt longe les berges du fleuve au niveau du village de Bembé, arrondissement d’Avagbodji. C’est une fresque vivante :
Flore : 85 espèces végétales recensées, dont des plantes médicinales uniques que seuls les initiés savent nommer, et des arbres centenaires aux racines enchevêtrées dans la boue sacrée.
Faune : 67 espèces d’oiseaux (32 familles) qui font de Bamézoun un paradis pour ornithologues, 4 mammifères rares et protégés : le singe mone, le singe tantale, le sitatunga (l’antilope aquatique) et le daman des arbres, plus 4 espèces d’escargots et 4 espèces de serpents.
Un équilibre fragile au cœur de la zone humide du Bas-Ouémé.
Une histoire de sang, de fuite et de terre ferme
L’origine de Bamézoun remonte à l’ancêtre Yahassa, petit-fils de Togbohossou, ancêtre fondateur des Wémènou.Fuyant les guerres tribales contre le puissant royaume de Danhomè, Yahassa quitte Aga. Il longe la rivière Ouémé, épuisé, jusqu’à trouver enfin la terre ferme ici, au milieu des marais. Il s’y installe. Cette terre qui l’a sauvé devient sacrée.Au fil des générations, la forêt est devenue cimetière communautaire et temple à ciel ouvert. Régulièrement, les cérémonies rituelles en hommage à l’ancêtre Yahassa s’y déroulent encore. C’est pour cela qu’elle n’est accessible qu’aux membres des 7 clans qui composent les Wémènou.